Le Warrant, un titre boursier au nom énigmatique

Contrairement aux termes évocateurs d’ « obligation » et d’ « action », le warrant n’évoque rien. Pourtant, ce terme anglais dérive de notre français « garant ». Effectivement, il s’agit d’une garantie, garantie que le cours d’un titre va grimper ou chuter. Échangés sur le marché d’Euronext, les warrants sont négociables de la même façon qu’une action.

Tenants et aboutissants du warrant

Le warrant représente une anticipation de l’évolution d’un cours. Les amateurs de paris savent immédiatement de quoi l’on parle.

C’est pourquoi le warrant se définit comme un produit dérivé puisqu’il concerne le comportement boursier d’un actif financier qui sera soit une action, soit une devise, ou même un indice, un taux d’intérêt, une matière première, un panier d’actions.

La valeur ciblée par le warrant est appelée le sous-jacent.

Le warrant constitue par conséquent un produit fortement spéculatif. La prise de position sur l’évolution future des cours d’un actif permet de profiter de la performance de cet actif sans avoir eu besoin d’acquérir cet actif. La mise initiale de l’investisseur est moindre et il profite donc d’un formidable effet de levier. Mais la réciproque est vraie, si la spéculation prévue ne se réalise pas, la perte du parieur sera proportionnellement abyssale.

Comme ce jeu cavalier est infini, il est également possible de spéculer sur l’évolution du cours du warrant lui-même, pour les amateurs de titres complexes.

Exploiter les anticipations d’évolution d’un cours

Le warrant est un instrument pour avoir le droit d’acheter (call warrant) ou de vendre (put warrant) un actif sous-jacent à un prix fixé à l’avance.

Ce prix sera le prix d’exercice, à savoir le prix auquel le sous-jacent sera effectivement acheté ou vendu si le droit est exercé.

En effet, le détenteur du warrant n’a pas d’obligation d’acheter ou de vendre l’actif, il se réserve juste le droit de le faire, ce qu’il fera si l’opération est profitable.

Le call warrant donne le droit d’acheter le titre sous-jacent à un prix fixé inférieur au cours réel. Cette opération est réussie pour une anticipation à la hausse du cours du sous-jacent.

Le put warrant donne le droit de vendre le titre à un prix supérieur à celui du marché. Ceci est valable lorsque l’on anticipe une baisse du cours, à ceci près qu’il faut alors trouver les acheteurs. La stratégie du put warrant sert notamment à couvrir son portefeuille pour compenser une baisse du cours des actions qui le composent. Si le risque survient, il ne coutera à l’investisseur que le montant de la prime du warrant. Le put warrant s’appréhende comme une garantie d’une perte maximale anticipée.

La valorisation des warrants

Les warrants se négocient à un prix que l’on appelle la prime. Son montant est inférieur au cours du sous-jacent. La valeur du warrant résulte de deux facteurs :

1 – l’évolution du cours du sous-jacent. La différence entre le cours du sous-jacent et le prix d’exercice du warrant put ou call fait tout l’intérêt du produit. Un call warrant sera d’autant plus avantageux que le cours du sous-jacent a fortement augmenté et un put warrant permettra de limiter les pertes si le cours du  sous-jacent a chuté plus que prévu.

2 – le temps. L’offre d’acheter ou vendre une valeur déterminée à tel prix est valable jusqu’à une date donnée, la date d’échéance qui accompagne tout warrant. Or, plus le warrant touche sa date d’échéance, plus il apparaît que son sous-jacent n’atteindra pas la valeur anticipée. Par conséquent, le warrant se déprécie au fur et à mesure qu’il approche de sa date d’échéance, où il ne vaudra plus rien. En d’autres termes, la valeur du warrant s’effrite avec le temps qui exprime l’espérance d’évolution du warrant par rapport à son prix d’exercice.

Le jeu consiste alors à se les échanger comme une patate chaude, sachant que seuls les warrants à maturité lointaine sont intéressants.

Il faut savoir qu’en France, les warrants sont des produits boursiers habituellement taxés « au premier euro ». Ils n’entraient pas dans l’exonération des cessions de valeurs mobilières en dessous d’un seuil annuel. Or, depuis le 1er janvier 2011, ce traitement fiscal défavorable aux produits spéculatifs a disparu, puisque toute cession de valeurs mobilières et de droits sociaux est devenue imposable dès le premier euro.

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