Selon Frédéric Oudéa, l’instauration d’une taxe sur les transactions financières risquerait de pénaliser l’économie du pays

Revenant sur la situation économique délicate que traverse, à l’heure actuelle, la zone euro et sur celles des banques également prises dans cette tourmente, le Président de la  Fédération Bancaire Française, Frédéric Oudéa, s’est vu offrir l’occasion, dans une interview donnée à l’AFP, de revenir sur le discours du candidat socialiste à la prochaine élection présidentielle, François Hollande, au cours duquel celui-ci avait montré son désaccord face à la décision de Nicolas Sarkozy d’instaurer une taxe sur les transactions financières, estimant alors que la crise n’est pas « la faute des banques ».

Afin de pouvoir faire prendre conscience de cela au grand public qui juge parfois celles-ci de manière relativement sévère, la FBF vient de mettre en place une campagne de communication visant à montrer que les banques ont tenu la place qu’elles devaient dans l’économie du pays, et ce, pour les trois années qui viennent de s’écouler, avec une progression de 5,3 % en matière de crédits, pour un volume de 90 milliards d’euros.

Affirmant que toute économie « a besoin de banque fortes », Frédéric Oudéa a également tenu à préciser qu’aucune banque du pays n’étant nationalisée, aucune d’elles n’a pas coûté quoi que ce soit aux Français, celles-ci affichant même une croissance du crédit largement au-dessus de celle de la zone euro.

Conscientes de leurs erreurs, les banques françaises ont su en tirer les leçons pour y remédier et éviter que celles-ci ne se reproduisent, raison pour laquelle cette taxe sur les transactions financières lui paraît d’autant plus injuste qu’elle leur fait payer une crise de l’endettement public et non des fautes que les établissements bancaires auraient pu commettre.

Venant s’ajouter à la mise en place difficile des accords de Bâle III, cette taxe risque, cette fois-ci, bel et bien, d’empêcher les banques de jouer leur rôle dans l’économie en leur rendant beaucoup plus délicat l’octroi de crédits, piliers essentiels de la croissance.

Dans une telle situation, les banques françaises vont devoir faire appel à un financement beaucoup plus important des marchés avec le risque de voir entrer des investisseurs extérieurs à la zone euro, expliquant pourquoi, si cette taxe doit être mise en place, celle-ci doit l’être au minimum au niveau européen, Londres inclus.

Lorsque la question lui a été posée autour de la baisse du crédit enregistrée sur les derniers mois de l’année 2011, Frédéric Oudéa a assuré que les chefs d’entreprise sont davantage soucieux du niveau d’activité qu’ils pourront atteindre en 2012, que de l’accès au crédit, celui-ci répétant alors qu’un bon projet trouvera nécessairement le moyen d’être financé.

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